Alain Prost, le légendaire quadruple champion de Formule 1, a lancé un avertissement sévère concernant l’avenir de Renault dans le sport. Il suggère que le départ du géant automobile français de la scène de fabrication de moteurs F1 pourrait ne pas être juste temporaire — cela pourrait être une sortie à long terme, possiblement permanente. Alors que le sport évolue, Prost souligne les défis redoutables auxquels Renault serait confronté en tentant un retour en raison des réglementations strictes de la prochaine génération de Formule 1.
La riche histoire de Renault en Formule 1 remonte à 1977, lorsqu’il a d’abord introduit des moteurs turbocompressés dans le championnat. Au fil des décennies, la marque a joué un rôle clé dans l’évolution du sport, fournissant des moteurs à des équipes emblématiques comme Williams, Lotus, Red Bull et McLaren, ce qui a finalement conduit à l’établissement du projet officiel Alpine. Cependant, la tendance a changé pour Renault, car des performances récentes en deçà des attentes couplées à des coûts exorbitants ont poussé Alpine à passer aux moteurs Mercedes à partir de 2026. Cette décision marque la fin du programme de moteurs d’usine de Renault basé à Viry-Châtillon, qui va maintenant se réorienter vers le projet Hypercar d’Alpine dans le Championnat du Monde d’Endurance (WEC).
Le lien de Prost avec Renault est profond, tant sur le plan historique qu’émotionnel. Bien qu’il comprenne la logique financière derrière la décision — surtout compte tenu des coûts d’exploitation plus élevés d’une équipe basée en France par rapport à ceux du Royaume-Uni — il ne peut se défaire de la profonde tristesse qui l’accompagne. « C’est dommage [le départ de la F1]. Je comprends la décision d’un point de vue financier. Surtout quand on gère une équipe basée en France. Les coûts sont plus élevés que dans des pays comme l’Angleterre, » a déploré Prost.
Il réfléchit à sa relation de longue date avec la marque, en disant : « J’étais impliqué avec Renault quand c’était encore une école de course puis dans la Formule Renault—c’était il y a environ 50 ans. Donc, je garde toujours un œil sur eux. Je travaille encore avec eux aujourd’hui. »
L’analyse de Prost dresse un tableau sombre pour le potentiel retour de Renault. Il souligne le cadre réglementaire actuel en Formule 1, suggérant que tout retour futur serait significativement plus difficile que lors des précédentes instances de retrait d’équipe. « Ce chapitre de l’histoire de la Formule 1 pourrait être fermé pour une période indéfinie, » affirme-t-il.
Le départ de Renault n’est pas seulement une décision d’entreprise ; il signifie la fin d’une époque. « Je suis très triste car cela donne l’impression qu’une longue histoire s’efface sans que personne n’en parle, » a exprimé Prost. Alors qu’il réfléchit à l’héritage riche que Renault a contribué au sport automobile, il conclut avec le cœur lourd : « Il va leur être très difficile de revenir. Peut-être dans longtemps, mais c’est trop compliqué. Peut-être d’une autre manière. »
Les réflexions de Prost servent de rappel poignant du paysage en évolution de la Formule 1, où les réalités financières de la compétition au plus haut niveau peuvent éclipser les liens émotionnels qui unissaient autrefois les équipes et les pilotes à l’illustre histoire du sport.


